Carnet de route
Blanche Neige et les 7 nains
Le 14/06/2026 par Martin
13-14 juin 2026
Participant.es : Gatien, Malo, Louis, Édith, Damien, Rémi, Vincent et Martin
Pour une fois, le week-end commence par une quasi grasse mat pour le groupe de cafistes puisque le rendez-vous est donné à 8h à Lagnieu. L'objectif du week-end : monter au Dôme de neige des Écrins en partant de la Bérarde et en empruntant la voie de la brêche Lory, une alternative plus ambitieuse que la voie normale qui permet d'éviter de monter sous les séracs menaçants. Le premier jour se résume donc à rejoindre le refuge de Temple Écrins avec 900 mètres de dénivelé en chaussures d'alpi pour la plupart d'entre nous. On se gare le plus loin que l'on puisse encore aller c'est à dire à un kilomètre de la Bérarde et, après avoir manger notre casse croûte, nous commençons notre ascension. Pour plusieurs d'entre nous, c'est la première fois que l'on traverse la Bérarde, haut lieu des alpinistes de l'Oisans dévasté par un orage en 2024 ... triste à voir. La montée jusqu'au refuge se fait en sueur sous la chaleur du jour. Nous y arrivons suffisamment tôt laissant le temps à Vincent de nous montrer/faire réviser quelques manips d'encordement. On apprend notamment une méthode de magicien pour réaliser un nœud de cabestan, de quoi se la raconter ou draguer du/de la montagnard.e cet été ^^
Très bon accueil de la gardienne dans ce refuge récemment rénové. On profite du repas pour finaliser les préparatifs de la course du lendemain : nous sommes plusieurs à avoir bien envie de tenter d'aller jusqu'à la barre des Écrins, point culminant du massif. Le col des Écrins que l'on emprunte à la descente étant annoncé comme soumis aux chutes de pierres, on décide de viser un passage à 12h au plus tard. On se fixe donc des barrières horaires : 7h à la Rimaye sinon demi-tour, 8h en haut de la brèche pour continuer vers la barre et 10h en haut de la barre. On se couche vers 20 heures pour tenter de dormir quelques heures avant le réveil très matinal ...
2h30, toute notre équipe se lève discrètement pour ne pas réveiller les autres alpinistes, prend son petit déj et se prépare. 3h08, tout le monde est prêt.es, on part en suivant le rythme soutenu de Gatien. Arrivé.es sur le glacier, on s'encorde et on admire les couleurs du lever du jour. Arrivée 6h30 à la rimaye, le timing est bon on peut continuer. Le passage de la rimaye se fait difficilement sur les derniers ponts de neige encore présents. Nous serons probablement les derniers à passer pour cette saison. Nous remontons la pente de neige pour atteindre le rocher assez pourri qui nous a fait passer pas loin de l'accident grave : Édith a en effet reçu une pierre dans la cuisse que j'ai malencontreusement décrochée plus haut, lui laissant un douloureux souvenir de la sortie. Nous arrivons à l'entrée de la brèche Lory partiellement en glace et sortons coinceurs et broches pour protéger notre progression dans ce couloir en mixte. La première cordée arrive en haut de la brèche à 9h30, la dernière après 11h ayant laissé volontairement de l'écart entre les 4 cordées au vu de l'instabilité des pierres dans le couloir. Autant dire qu'on est très loin de l'horaire que l'on s'était fixé et qu'il n'est pas question de continuer jusqu'à la barre. Nous ressentons de toute façon tou.tes une petite baisse d'énergie, on mange un bout rapidement avant de terminer les quelques mètres qui nous séparent du Dôme de Neige des Écrins à 4010m d'altitude !
On prend le temps de se féliciter, d'admirer la vue et prendre quelques photos mais la sortie n'est pas terminée car l'itinéraire de descente est long, pas simple et exposé. Nous empruntons la voie normale pour rejoindre le col des Écrins que nous descendons en partie en rappel, en partie sur les câbles fixes en place. Après une dernière pause en bas du col qui nous permet de remplir nos poches à eau insuffisamment remplies et déjà vides, nous finissons la longue descente jusqu'à la Bérarde. Nous arrivons aux voitures rincé.es après presque 16h de course mais heureux.ses d'avoir fait cette magnifique course ! Merci Vincent !




