Carnet de route

Les survivants du brouillard

Le 11/10/2025 par Cecile Vivant
La météo disait qu'il faisait beau. Mais en octobre quand il fait beau, c'est brouillard sur la Plaine de l'Ain. Alors c'est plein d'espoir que 11 cafistes prirent la route du Vercors en ce beau samedi. Les premiers, vaillants et motivés, se levèrent à l'aurore (qui n'arrive pas très tôt en cette saison) pour profiter au maximum de la journée. Direction Presles et ses célèbres falaises. Pas facile de trouver des voies abordables pour nos petits niveaux. Les 4 premiers arrivés jetèrent leur devolu sur PopCorn, 4 longueurs du 3b au 4c. Une randonnée verticale, mais mazette,  quel vide, quelle ambiance sous nos pieds!  Les 4 suivants suivirent, même s'ils jugèrent la voie un peu simpliste. La redescente quant à elle, valait son pesant de cacahuètes !  Une désescalade sécurisée par un câble, faux pas interdit, nous ramena non loin du départ pour un pique-nique ensoleillé. De là, 2 grimpeurs choisirent une autre voie en 4 longueurs, taquinant le 6 en plein ciel. Pendant ce temps les 6 autres firent les lézards dans quelques couennes chauffées au soleil. Pendant ce temps, les 3 cafistes adeptes de la grasse matinée avaient pris leur temps. Après un casse-croûte pétanque sur la place de Vassieux, ils se rendirent au gîte prendre possession des lieux, s'installer, faire un tour et profiter de ce moment doux. Quand les 8 grimpeurs franchirent la porte, les croziflettes attendaient sagement leur cuisson, les bouteilles de toutes sortes s'alignaient sur la table. La folle soirée pouvait commencer !  Les apéros s'enchaînèrent autour d'un plateau de jeu où s'affrontaient des nains bleus, des nains verts, des saboteurs et des profiteurs. Lorsque les croziflettes dorées arrivèrent sur la table les estomacs étaient déjà bien remplis de terrines de sanglier ou de chevreuil, de houmous ou de pesto. Boissons, desserts, jeux, chansons, la soirée s'éternisa pour certains tandis que d'autres dormaient déjà profondément, boules quies vissées dans les oreilles. Mais à 8h, le réveil sonna pour tout le monde ! Après un petit-déjeuner pantagruélique, il fallut ranger, nettoyer, laver et rendre le gîte, sans aucune trace de notre passage. Ce qui fût fait à l'heure prévue, 10h! Cela augurait d'une belle journée. C'est ainsi que toute la troupe se transporta jusqu'à Font d'Urle où l'on avait repéré une jolie balade, pas trop dure, annoncée avec 250m de dénivelé et des paysages à couper le souffle. Mais c'était sans compter que les plus motivés, entraînés par ceux qui connaissaient les lieux, décidèrent,  en toute discrétion, de rallonger un peu. La première montée "dré dans le pentu" fût une bonne introduction à ce qui suivrait... A l'arrivée au sommet, les yeux s'écarquillèrent devant un paysage vertigineux, où les à-pics servaient de terrain de jeu aux chocards et aux majestueux vautours fauves. Le parcours longeait ensuite la crête, avec à droite, toujours le vide sillonné par les vautours, et à gauche, la prairie du plateau, peuplée de paisibles vaches contemplatives. Arrivés sur la bosse suivante, il était l'heure du déjeuner. Des sacs on extirpa Cerdon, bières, Curly et autres restes des délicieuses terrines de la veille. La troupe était joyeuse mais néanmoins fatiguée. Et, chacun à son tour, les corps s'allongèrent au sol pour se livrer sereinement aux bras de Morphée. Les ronflements qui se faisaient entendre ne dérangeaient aucunement les chocards, les vautours et leurs quelques observateurs qui avaient préféré rester éveillés pour ne pas en rater une miette. Ragaillardi par cette sieste salutaire, le groupe se remit en chemin, au gré des montées, des descentes et quelques curieuses curiosités naturelles: une faille aménagée de marches taillées permettant de descendre au pied de la falaise nous rappela l'ambiance des nains verts et bleus de la veille, une double arche naturelle en plein gaz que les plus courageux traversèrent à pied pour y jouer avec leur ombre et écrire un "CAF" en ombres chinoises sur le rocher, un gendarme/demoiselle/pilier/aiguille (selon l'appellation que chacun choisit) se détachant de la paroi... Enfin la dernière montée s'annonça, elle semblait raide, on rassura les plus fatigués du groupe, on les encouragea et ils atteignirent le sommet, le Puy de la Gagère à 1651m d'altitude ! Vint le temps de la descente, à travers ce relief karstique, frôlant les scialets. Un dernier petit détour s'imposait pour passer par la Glacière de Font d'Urle. Les plus téméraires descendirent dans un trou noir et glissant, pour rejoindre les plus prudents qui avaient fait le tour et tous se retrouvèrent dans la grotte fraîche. Quelques pas encore et nous étions tous de retour au parking. Si la fatigue se lisait sur certains visages, tous les yeux brillaient du plaisir de cette randonnée, de ses merveilles (et de ses 600m de dénivelé positif!) Il fallut alors se dire au revoir, se serrer dans les bras, le cœur plein de beaux moments et la tête pleine de belles images. Cet endroit du Vercors fut une magnifique découverte pour bon nombre d'entre nous, il est fort probable que nous y retournerons.
CLUB ALPIN FRANCAIS LAGNIEU
CAF LAGNIEU
14 RUE DES ECOLES
01150  LAGNIEU
Permanences :
jeudi 20:40-22:30
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